MONSIEUR JAMES SWAN : LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO N’EST NI UNE YOUGOSLAVIE EN DEVENIR NI UN SOUDAN À PARTITIONNER

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Par Mingiedi Mbala N’Zeteke Charlie Jephthé

Activiste, Penseur et Notable de Madimba

Comment rester silencieux face à la présence de Monsieur James Swan à Goma, venu rencontrer alias Joseph Kabila ? Comment ne pas s’interroger sur la portée politique d’une telle rencontre, au moment où la République démocratique du Congo fait face à une crise majeure d’intégrité territoriale et de souveraineté ?

Cette démarche soulève des interrogations auxquelles le peuple congolais est en droit d’obtenir des réponses.

La fameuse rencontre du 3 novembre 2026, à Goma entre James Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la MONUSCO, et alias Joseph Kabila, associé à la direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) que j’ai surnommé Front Rwandais pour la Nuisance , constitue une grave faute politique et morale à l’égard du peuple congolais.

Comment peut-on remettre sur l’échiquier international un ancien chef d’État condamné à mort par la Haute Cour militaire congolaise en septembre 2025, notamment pour trahison et organisation d’une insurrection, alors que les propres experts des Nations Unies ont documenté ses liens avec l’AFC/M23 ?

Le peuple congolais n’est pas d’accord avec cette rencontre !
James Swan vient de cracher sur la mémoire de millions de Congolais victimes de décennies de violences et d’agressions.

L’histoire devrait pourtant inspirer la prudence à la diplomatie américaine.

En octobre 1991, alors que la Yougoslavie traversait une crise qui allait conduire à son démembrement, l’Américain Cyrus Vance fut nommé envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies.

Il participa aux efforts diplomatiques de cette période charnière, notamment à travers le plan Vance et le déploiement de la FORPRONU en 1992.

Je ne prétends pas que Cyrus Vance ait provoqué à lui seul l’éclatement de la Yougoslavie. Mais son nom demeure associé à cette période historique.

Aujourd’hui, un autre diplomate américain, James Swan, ancien ambassadeur des États-Unis en RDC entre 2013 et 2016, dirige la MONUSCO au moment où notre pays fait face à une menace existentielle contre son intégrité territoriale.

S’il n’a toujours pas compris la fonctionnalité particulière de la RDC, je ne serais pas étonné que l’histoire nous réserve une nouvelle page sombre.

James Swan ne doit pas devenir le Cyrus Vance d’une éventuelle balkanisation congolaise !

Il existe une dimension fondamentale de notre pays que les diplomaties classiques semblent ignorer : sa géospiritualité.

Pour ma part, je considère que la République démocratique du Congo est un territoire choisi par Dieu lui-même et pour Dieu. Sa vocation dépasse les considérations politiques, économiques, militaires et géostratégiques.

La géospiritualité est la clé de compréhension de la fonctionnalité de notre territoire et de sa destinée.

La RDCongo n’est pas simplement un espace géographique convoité pour ses minerais, ses forêts et ses richesses naturelles. C’est une terre porteuse d’une vocation divine particulière.

À cet égard, un phénomène visuel mérite une attention particulière : le dessin de la carte de la République démocratique du Congo, observée sur la pavée de l’ancienne synagogue de Capernaüm, en Israël. Pour de nombreux Congolais, cette représentation est perçue comme un signe spirituel et prophétique fort, interprété comme une affirmation de l’unité et de la permanence du territoire congolais. Ils y voient un message symbolique sans équivoque : la RDC ne sera jamais balkanisée !

Ce phénomène prend tout son sens dans notre approche de la géospiritualité. Il rappelle que la destinée de la RDCongo dépasse les calculs des puissances, les ambitions territoriales et les stratégies de ceux qui convoitent ses richesses. Ce territoire ne saurait être réduit à un simple objet de négociation géopolitique.

La Yougoslavie a disparu comme État fédéral. Le Soudan a connu la séparation de son territoire en 2011.

Mais la RDC ne sera ni l’une ni l’autre.

Notre unité territoriale ne se négocie pas dans les chancelleries.
La RDC n’est ni une Yougoslavie en devenir ni un Soudan à partitionner
Que les puissances internationales comprennent une bonne fois pour toutes : le Congo peut traverser des crises, subir des agressions, connaître des occupations et des trahisons internes, mais il ne sera jamais la Yougoslavie, encore moins le Soudan.

Comment expliquer cette rencontre alors que le rapport final du Groupe d’experts des Nations Unies, référencé S/2026/466 et daté du 11 juin 2026, avait déjà documenté le rapprochement entre alias Joseph Kabila et l’AFC/M23 ?

Aux paragraphes 57 à 59, les experts évoquent ses déplacements dans les territoires contrôlés par le mouvement depuis mai 2025, ses rencontres avec ses responsables et l’éventualité de son accession à des fonctions de premier plan dans sa nouvelle configuration.

Plus révélateur encore, le rapport souligne que cette visibilité pouvait contribuer à masquer le rôle du Rwanda en accréditant le récit d’un mouvement prétendument congolais répondant à un problème congolais.

Voilà ce que les experts de l’ONU avaient écrit !

Comment cette organisation peut-elle aujourd’hui donner une telle visibilité internationale à celui dont les relations avec cette coalition armée avaient déjà été signalées dans ses propres rapports ?

L’ONU ne peut pas prétendre découvrir aujourd’hui ce qu’elle avait elle-même documenté hier.

La MONUC, créée le 30 novembre 1999, est devenue la MONUSCO en juillet 2010. Cela représente 27 années de présence onusienne en RDC, avec des dépenses considérables, des contingents militaires et d’innombrables résolutions.

Pourtant, les populations continuent de fuir leurs villages, les territoires sont occupés et les groupes armés se succèdent sous différentes appellations.

Quel bilan faut-il présenter au peuple congolais ?

Si alias Joseph Kabila s’est permis d’aller aussi loin, c’est aussi parce que l’absence d’une réponse internationale suffisamment dissuasive a installé un sentiment d’impunité.

Je m’interroge : pourquoi la MONUSCO semble-t-elle s’accommoder d’une présence qui s’éternise sans parvenir à restaurer durablement la sécurité dans l’Est ?

Pourquoi les Nations Unies n’ont-elles pas appliqué en RDC une détermination comparable à celle manifestée en Sierra Leone ?

Entre 1999 et 2005, la MINUSIL a connu une grave crise. En mai 2000, le RUF avait pris en otage des centaines de Casques bleus. Le Royaume-Uni est intervenu militairement pour soutenir les autorités sierra-léonaises, tandis que la mission onusienne était renforcée et son mandat élargi.

Plus de 75 000 anciens combattants furent désarmés et démobilisés. La guerre prit officiellement fin en 2002 et la mission fut clôturée en décembre 2005.

Pourquoi cette détermination a-t-elle été possible en Sierra Leone et semble-t-elle si difficile en RDC ?

Je ne demande pas une reproduction mécanique de cette expérience. Je demande que la protection des Congolais et la restauration de l’autorité de leur État bénéficient de la même détermination.

C’est un exemple historique de réussite où une mission de l’ONU est intervenue militairement avec force pour détruire les rébellions et ramener durablement la paix.

La paix ne consiste pas à administrer éternellement une guerre !

La RDC ne mérite pas une paix au rabais.

Et pourtant la résolution 2773 du 21 février 2025 condamne l’offensive du M23 avec le soutien des Forces de défense rwandaises. Elle exige notamment le retrait du M23 des zones occupées et le départ des troupes rwandaises du territoire congolais.

La résolution 2825 du 29 juin 2026 a, quant à elle, prorogé le régime de sanctions concernant la RDC jusqu’au 1er juillet 2027 et le mandat du Groupe d’experts jusqu’au 1er août 2027.

Alors, à quoi servent ces résolutions si leur application demeure insuffisamment dissuasive ?

Comment les Nations Unies peuvent-elles multiplier les rapports, les condamnations et les décisions sans parvenir à faire respecter leurs propres exigences ?

La RDC ne demande pas des déclarations supplémentaires. Elle exige le respect de sa souveraineté et l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité.

Monsieur James Swan, vous avez été ambassadeur des États-Unis en RDC.
Vous connaissez donc notre pays et ses réalités.

Vous ne pouvez ignorer la portée politique de votre rencontre avec alias Joseph Kabila à Goma, en présence des responsables du FRN ( Front Rwandais pour la Nuisance).

Votre mission devrait être guidée par le respect de la souveraineté congolaise, de l’intégrité territoriale et de la mémoire des victimes, et non par des initiatives qui donnent l’impression de normaliser ceux dont les responsabilités sont mises en cause.

Je demande au Secrétaire général des Nations Unies et au Conseil de sécurité de mesurer l’indignation du peuple congolais et de tirer les conséquences de leurs propres rapports et résolutions.

Que la communauté internationale comprenne enfin que le Congo n’est pas un butin géopolitique, encore moins un territoire que l’on peut découper au gré des ambitions étrangères.

La géospiritualité congolaise est au cœur de ma conviction : notre pays est une terre choisie par Dieu lui-même et pour Dieu.
Car, en dernière analyse, les arrangements des hommes passent, les puissances changent et les régimes disparaissent. Mais la destinée d’une nation ne se décrète pas dans les chancelleries.

Ne devenez pas l’ombre de Cyrus Vance dans l’histoire congolaise.

L’HEURE EST VENUE POUR QUE LE MONDE ENTIER COMPRENNE QUE LA RDCONGO NE SE DÉMEMBRERA PAS.

LE CONGO EST UN, ET IL LE RESTERA !

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